Pourquoi souffrir tous les mois
?
LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL :
UNE ÉNIGME CURABLE
Chez
la majorité des femmes, l'apparition
des règles, chaque mois, avec
une régularité d'horloge
est un signe de bonne santé;
même si cette régularité
n'a pas la précision suisse...
Malheureusement, cet événement
est précédé,
pour beaucoup d'entre elles, d'une
période comportant, pendant
quelques jours, des troubles plus
ou moins pénibles que les médecins
appellent le « syndrome
prémenstruel ».
Aujourd'hui, ce syndrome n'est plus
une fatalité et votre médecin
a les moyens, si vous lui en parlez,
d'en atténuer considérablement
les effets.C'est pour vous aider dans
cette démarche que nous allons
répondre, ici, aux questions
que se posent la plupart d'entre vous.
1 - QU'EST-CE
QUE LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL
?
On appelle
« syndrome » un
ensemble de symptômes ; dans ce
cas il est dit : prémenstruel,
car débutant quelques jours avant
les règles pour disparaître
dès que celles-ci commencent.
Ce syndrome rassemble des symptômes
multiples, physiques et/ou psychiques
le plus souvent associés, dont
voici les plus fréquents :
DES SIGNES
PHYSIQUES CONGESTIFS
concernant :
- Les seins (60 à 80 %
des patientes)
. tension douloureuse
. augmentation de
volume
. sensibilité
désagréable
- L'abdomen
Sensation de ballonnement,
authentifiée par un réel
accroissement du tour de taille.
- Les extrémités
Ces troubles sont
le plus souvent discrets, mais il peut
arriver que tous les tissus semblent
infiltrés d'eau : paupières
bouffies, doigts boudinés, chevilles
souvent enflées, ce que confirme
la balance avec une prise de poids parfois
supérieure à 4 kilos.
Les troubles veineux,
jambes lourdes, poussées de varices,
voire crise hémorroïdaire,
sont fréquemment observés.
En plus de ces signes physiques,
plus ou moins invalidants, il faut savoir
que de nombreux troubles à caractère
cyclique peuvent faire partie de ce
syndrome :
- troubles digestifs
(diarrhée ou constipation, nausées)
- troubles cutanés
(urticaire, séborrhée)
- troubles urinaires
(chez certaines femmes la cystite se
répète à cette
période)
- symptômes
cardiaques (palpitations).
Le diagnostic n'est pas toujours
facile mais vous pourrez aider votre
médecin à les rattacher
à un éventuel désordre
prémenstruel.
DES SIGNES
NEURO-PSYCHIQUES
Les banals changements d'humeur sont
entrés dans la littérature.
Ces troubles parfois associés
à des migraines ou à une
aggravation des céphalées
antérieures, peuvent prendre
des aspects variés susceptibles
d'altérer le comportement social
: nervosité, irritabilité
; voire agressivité. L'émotivité
excessive prend chez certaines une note
franchement dépressive.
Ces troubles peuvent - quoique que rarement
- détériorer les relations
professionnelles et affectives. Ils
peuvent être responsables de conflits
conjugaux et familiaux.
2 -
LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL EST-IL
FRÉQUENT ?
On peut
dire que sous sa forme modérée
il est banal et fréquent.
Déjà
décrit par Hippocrate, il y a
des siècles, ce syndrome a été
scientifiquement étudié,
en France et aux États-Unis,
à partir des années cinquante.
On estime
à 40 % le nombre de femmes touchées,
et à 5 à 10 % celles qui
éprouvent une forme sévère,
méritant une véritable
prise en charge prolongée.
3 -
QUELS SONT LES TROUBLES LES PLUS FRÉQUENT
?
La fréquence
de certains varie selon l'âge,
mais les troubles les plus fréquents,
quelles que soient les tranches d'âge,
restent :
La tension
douloureuse des seins (85 %), les ballonnements
(80 %), l'augmentation du tour de taille
(30 à 60 %), les céphalées
(45 %) et les troubles du sommeil (52
%).
De même,
les gonflements (œdèmes
des chevilles et du visage) touchent
35 % des femmes jeunes, mais 60 % de
leurs aînées.
Ainsi,
la prise de poids concerne 40 % des
femmes de moins de 30 ans, mais 75 %
de celles de plus de 45 ans.
La nervosité
est signalée par 70 % des femmes
interrogées, tandis que l'anxiété
est plus fréquente chez les femmes
de plus de 45 ans (70 % contre 40 %
des femmes de moins de 30 ans).
Ainsi arrivent
en tête :
- la tension douloureuse des seins,
- la prise de poids et la rétention
d'eau,
- les troubles caractériels,
- les troubles du sommeil.
4 -
A QUOI EST DU LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL
?
Selon les
travaux les plus récents, confirmant
les premières études,
l'origine hormonale semble la plus vraisemblable.
Il paraît s'agir d'un déséquilibre
entre la sécrétion des
deux principales hormones ovariennes
: l'estradiol et la progestérone
(dont le taux s'effondre à cette
période).
Mais on
pense aujourd'hui que ce déséquilibre
s'associe très probablement à
de multiples autres troubles très
subtils qui expliqueraient en particulier
la rétention d'eau et de sel
dont souffrent les femmes présentant
ce syndrome.
Des études
plus sophistiquées mettent en
cause l'action de ces hormones sur les
effets des neurotransmetteurs cérébraux,
ces substances chimiques indispensables
au bon fonctionnement du cerveau. On
observe effectivement avant les règles
une baisse de bêta-endorphines
ainsi que des catécholamines,
qui serait à l'origine de la
plupart des troubles neuro-psychiques
observés.
5 -
PEUT-ON GUÉRIR LE SYNDROME PR
MENSTRUEL
?
Souvent
les femmes espèrent voir disparaître
spontanément cette défaillance
de la nature - ou plutôt cette
imperfection - qu'est le syndrome prémenstruel.
Le plus souvent, cette espérance
est illusoire.
De nombreuses
enquêtes ont même révélé
une aggravation progressive, au fil
des ans, de certains symptômes.
Il est
par contre possible de le soulager par
un traitement mensuel préventif
et adapté : un traitement peu
contraignant en raison de sa brièveté.
En général, 10 jours avant
le début des troubles, soit du
15 au 25ème jour du
cycle.
6 -
COMMENT TRAITE-T-ON LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL
?
Il s'agit,
on l'a vu, de perturbations multiples
justifiant des approches thérapeutiques
différentes.
La rétention
hydrosodée, par exemple, est
justiciable d'un médicament favorisant
l'excrétion urinaire de sel et
d'eau.
Les troubles
neuro-psychiques, lorsqu'ils prédominent,
bénéficient de l'administration
d'anxiolytiques ou de sédatifs
légers.
Le déficit
hormonal passager en progestérone
implique un apport hormonal temporaire
susceptible de compenser ce déficit,
qu'il soit relatif ou absolu.
Chez certaines
femmes, le recours simultané
à ces trois approches médicamenteuses
donnent les meilleurs résultats.
EN BREF ...
Le syndrome prémenstruel
fait partie de ces déséquilibres
physiologiques cycliques mais inconfortables
qui altèrent la vie sociale,
professionnelle et affective d'un
grand nombre de femmes de tous les
continents. Ce n'est plus aujourd'hui
une fatalité car la médecine
peut le prévenir et le soulager.
Il y a néanmoins autant de
variétés de ce syndrome
que de femmes dans le monde, tant
il est vrai que chaque femme, chaque
individu est une entité. Plutôt
que de le supporter stoïquement,
et laisser les choses se dégrader,
mieux vaut s'en ouvrir à son
médecin. Il saura vous conseiller
la thérapeutique la mieux adaptée
à VOTRE cas.
Réalisé
avec la collaboration du Docteur Jean
Belaisch, Gynécologue, A.A.C.C.
des Hôpitaux de Paris