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Des symptômes
au diagnostic
Le syndrome
prémenstruel constitue un ensemble
de manifestations cliniques sur-venant
en général dans les 7 à
10 jours précédant les règles.
Ces manifestations s'atténuent
ou disparaissent dès l'apparition
des menstruations.
L'exacerbation de ces troubles perturbe
l'activité personnelle, familiale
et profes-sionnelle des patients.
Son authenticité, compte tenu des
méthodes diagnostiques actuelles,
ne fait plus de doute.
Le caractère cyclique des symptômes
est fondamental.
À travers une symptomatologie souvent
riche, on peut distinguer des groupes
de symptômes assez caractéristiques.
On retrouve ainsi :
- des signes
mammaires: douleurs et augmentation
du volume des seins...
- des signes
abdomino-pelviens: gonflement,
ballonnement, douleurs...
- des signes
de rétention hydrosodée:
la face avec notamment un aspect bouffi
des paupières, au niveau des
doigts qui peuvent être boudinés
et des chevilles volon-tiers enflées
conservant la marque des chaussures
le soir.
- un syndrome
neuropsychique: anxiété,
dépression, irritabilité,
humeur variable, augmentation de l'appétit,
agressivité, léthargie
ou fatigue, perte de mémoire,
diminution de la concentration, trouble
du sommeil, phobies, céphalées...
De nombreux autres signes peuvent exister
susceptibles d'erreurs diagnostiques quand
ils sont isolés ce qui est rarement
le cas. Ils sont notamment d'ordre:
- digestif :
diarrhée, constipation, nausées,
roubles du comportement alimentaire
boulimie d'aliment sucré).
- cutanéomuqueux:
acné, séborrhée,
urticaire, allergie...
- urinaire:
cystite, pollakiurie.
- cardiaque:
palpitations.
On peut noter un terrain familial une fois
sur deux, ainsi que des antécédents
fréquents de dysménorrhées.
En revanche, il n'apparaît pas de
différence en fonction du niveau
socio-économique, du nombre de grossesses,
de la durée du cycle ou du poids
de la patiente.
Il est nécessaire d'évaluer
prospectivement les critères diagnostiques.
Ainsi l'établissement de la courbe
ménothermique et l'utilisation de
calendriers des symptômes (fonctionnels
et poids) sont essentiels. Le relevé
quotidien sur 3 cycles des symptômes
du SPM est établi par la patiente.
Cela permet de calculer le score quotidien;
et la variation cyclique est dès
lors facile à évaluer.
La biologie a peu d'intérêt,
tout au plus on peut effectuer :
- un bilan sanguin avec un ionogramme
- des dosages hormonaux (dosages hormonaux
de base peu contributifs, dosages cinétiques
et étude de pulsatilité difficiles
à interpréter et coûteux);
- une capillaroscopie comparative des phases
du cycle.
En fait, aucun examen complémentaire
ou paramètre biochimique ne peut
caractériser le SPM.
Belaisch J. et Tamborini A. ont préconisé
l'auto-évaluation prospective grâce
à l'éta-blissement par la
patiente d'un calendrier-questionnaire qui
permet de noter chaque jour du cycle, les
symptômes (Tableau 1). Cela permet
de confirmer le SPM vrai ou d'éliminer
les faux SPM. Dans le premier cas, l'intensité
et la diversité des symptômes
se trouvent regroupés dans la deuxième
partie du cycle (15è ou 25è
jour en général). Dans le
cas de faux SPM, les troubles psychiques
et/ou physiques apparaissent le plus souvent
dispersés tout le long du cycle menstruel.
OPTIMISATION DE L’INHIBITION
DE LA LACTATION PAR LE LISURIDE*
Enquête randomisée comparant l’administration de 2 cps/j. versus 3 cps/j. réalisée auprès de 40 accouchées
P. Vigé et coll. – Chef de Service Maternité – Centre Hospitalier St Cloud – 92210
OBJECTIF DE L’ENQUETE

Le lisuride est un inhibiteur de la prolactine par effet agoniste dopaminergique D2 préférentiel. Ergolide de 2ème
génération par rapport à la bromocriptine, le lisuride est
utilisé à des doses 8 à 12 fois moindres (0,2 mg/cp versus
2,5 mg/cp) (1,2). Dans l’indication inhibition de la lactation
post-partum, suivant les habitudes des services « maternité », le lisuride est dministré dès les 12 à 24 heures qui suivent l’accouchement, soit à la posologie de 2 comprimés
par jour, soit à 3 comprimés par jour, et cela pendant les 14
jours suivant la délivrance.
L’objectif de cette enquête est d’évaluer, dans les conditions de réelle pratique quotidienne, la qualité de l’inhibition de la montée de lait post-partum dès le 3ème jour et jusqu’au 14ème jour en fonction de la posologie utilisée. En
parallèle, l’acceptabilité du traitement aux deux posologies
a été appréciée.
POPULATION ET METHODES

Dans le service Maternité de l’Hôpital de St Cloud,
40 accouchées, âgées de 17 à 41 ans, ont reçu, selon une échelle de randomisation, 2 ou 3 comprimés de lisuride les
12/24 h qui ont suivi l’accouchement. Dans ce groupe 7
femmes étaient primipares, les 33 autres avaient eu de 1 à
4 enfants précédemment.
La première prise médicamenteuse de 1/2 comprimé avait
lieu lors du premier repas après la délivrance (J0) ; puis à J1,
la posologie a été de 1/2 comprimé à chacun des 3 repas,
matin, midi et soir ; à J2 la posologie utilisée était soit de
1 comprimé matin et soir, soit de 3 comprimés, 1 à chacun des
3 repas. La posologie à J2 était ensuite maintenue de J3 à J14.
Le critère principal consistait à évaluer l’inhibition de la
montée de lait à J3 et à J14. En parallèle, l’acceptabilité au
traitement était appréciée à J3 et en fin de traitement à J14.
Toutes les patientes étaient examinées cliniquement et
interrogées à J3 et à J14.
Les résultats très bons traduisent une inhibition complète
de la montée laiteuse ; les bons résultats, une inhibition
quasi complète avec une légère turgescence du sein, sans écoulement. Les résultats moyens traduisent une montée
laiteuse réduite sans gonflements excessifs. Les mauvais
résultats correspondent à la présence d’une montée de lait
avérée ou à un phénomène de rebond.
L’acceptabilité était évaluée sur les symptômes décrits
par les accouchées lors de l’interrogatoire ; ils étaient
notés suivant une intensité de 0 à 3. Les principaux
symptômes explorés étaient : vertiges, nausées, vomissements, baisse de la tension artérielle ; d’autres symptômes pouvaient être notés.
QUALITE DE L’INHIBITION DE LA MONTEE DE LAIT

Les résultats détaillés quant à l’inhibition de la montée de lait figurent dans le tableau I :
 |
Posologie à 2 comprimés / jour
N = 19 |
Très
bonne |
bonne |
moyenne |
mauvaise |
Inhibition
à J3 |
8
(42,1%) |
7
(36,8%) |
1
(5,3%) |
3
(15,8%) |
Inhibition
à J14 |
6
(31,6%) |
7
(36,8%) |
2
(10,55%) |
4
(21,05%) |
|
Posologie à 3 comprimés / jour
N = 21 |
Très
bonne |
bonne |
moyenne |
mauvaise |
18
(85,7%) |
2
(9,52%) |
0 |
1
(4,76%) |
15
(71,4%) |
2
(9,52%) |
2
(9,52%) |
2
(9,52%) |
|
Globalement à la posologie de 2 comprimés par jour, on Ces résultats font apparaître 8 sur 10 de bons et très bons
note 15 très bons et bons résultats sur 19. A cette posolo-résultats contre 21 % d’échecs pour la posologie à 2 comgie, trois mauvais résultats sur 19 sont à dénombrer à J3 et primés par jour. A 3 comprimés par jour, le pourcentage de
quatre à J14. A la posologie de 3 comprimés par jour, on résultats satisfaisants atteint 90,4 % contre 9,5 % d’échecs
dénombre seulement 1 échec sur 21 cas sur l’inhibition de à J14.
la lactation à J3 et 2 cas à J14. Ces résultats permettent de confirmer la remarquable
efficacité de lisuride sur l’inhibition de la lactation.
* AROLAC® - Laboratoires Lisapharm 92100 Boulogne - FRANCE
EVALUATION DE L’ACCEPTABILITE
Les résultats de l’acceptabilité figurent dans le tableau II :
Posologie à 2 comprimés / jour
N = 19
Posologie à 3 comprimés / jour
N = 21
Très
bonne
bonne moyenne mauvaise Très
bonne
bonne moyenne mauvaise
Acceptabilité
à J3
10
(52,6%)
8
(42,1%)
0 1
(5,3%)
16
(76,2%)
2
(9,52%)
1
(4,76%)
2
(9,52%)
Acceptabilité
à J14
12
(63,95%)
5
(26,3%)
1
(5,3%)
1
(5,3%)
11
(52,4%)
5
(23,8%)
3
(14,3%)
2
(9,52%)
L’interrogatoire et l’examen clinique ont mis en évidence
dans le groupe à 2 comprimés par jour une bonne et très
bonne tolérance chez 18/19 à J3 et de 17/19 à J14. Dans
la série à 3 comprimés par jour, l’acceptabilité a été dans
18 cas sur 21 considérée comme bonne et très bonne,
assez bonne dans 1 cas et mauvaise dans 2 cas sur 21, aussi
bien à J3 qu’à J14.
Sur les quarante accouchées examinées et interrogées, une
seule a présenté une baisse tensionnelle (90/60) avec
sensation de fatigue.
Deux cas de vertiges de faible intensité (cotés 1) ont été
notés dans le groupe à 2 comprimés par jour. Dans la série
à 3 comprimés par jour, 2 vertiges d’intensité 1 et 1 vertige
d’intensité 2 ont été notés à J3 et 2 autres dans la période
suivante ; mais ces derniers ont régressé en fractionnant le
comprimé du matin.
Trois cas de nausées notés 1 ont été dénombrés. Un seul
cas de vomissements de niveau 3 a été noté.
Globalement, dans le groupe à 3 comprimés par jour,
l’acceptabilité a été jugée bonne et très bonne à J3 dans
18 cas sur 21, soit 85,7% ; assez bonne dans 4,76% des
cas. Pour la période J3 à J14, bonne et très bonne dans
76,2% des cas, assez bonne dans 14,3%.
Au total, 90,5% des accouchées ont pu poursuivre leur traitement sur toute la durée du traitement avec satisfaction.
2 comprimés par jour 3 comprimés par jour
Inhibition de la lactation
à J14 15/19 (79,2%) 19/21 (90,52%)
Acceptabilité à J14 18/19 (94,7%) 19/21 (90,52 %)
Tableau III : % Résultats globaux satisfaisants à J14 en pourcentage
DISCUSSION
Cette enquête randomisée, réalisée dans les conditions de
réelle pratique auprès de 40 accouchées, a permis de
mieux appréhender l’utilisation du lisuride dans l’indication
« inhibition de la lactation ».
Aussi, à la posologie quotidienne de 2 comprimés, l’inhibition
de la montée de lait est observée chez près de 8 femmes sur
10. A 3 comprimés par jour, l’efficacité du lisuride est encore
améliorée, dépassant 90% de résultats satisfaisants à 2
semaines de traitement. Il convient de noter qu’à cette posologie, l’acceptabilité au traitement apparaît satisfaisante chez
plus de 9 femmes sur 10 ce qui correspond, dans notre expé
rience et d’après l’analyse de la littérature (3,4), à un profil de
tolérance amélioré par rapport à la bromocriptine. Cette
meilleure tolérance pourrait s’expliquer par les paramètres
pharmacocinétiques des deux molécules (5). Le lisuride a une
1/2 vie d’élimination terminale ß 1/2 de l’ordre de 3 à 4 heures
contre 15 heures pour la bromocriptine. Il y a donc moins de
risques d’accumulation du lisuride. De plus, les effets du lisuride
sont obtenus avec des doses 10 fois moindres en molécule
active (0,4 à 0,6 mg/j versus 5 à 7,5 mg/j).
Dans ce contexte, il apparaît que le lisuride, par son efficacité et son profil de tolérance améliorée, représente une
alternative thérapeutique particulièrement intéressante par
rapport à la bromocriptine.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. DE CECCO L. and al.
2. VENTURINI P.L., HOROWSKI R.,
3. GIORDA G., DE VINCENTIIS S.,
randomised, double blind, multicentre study.
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Effects of lisuride and bromocriptine on
Cabergoline versus bromocriptine in sup-
Brit. J. Obst. Gynaecol., 1979, 86, 905
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pression of lactation after cesarean delivery.
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-Page 152
Europ. J. Obstet. Gynec. Reprod. Biol.
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Edited by D.B. CALNE and al.
1981, 11, 395-400 – Page 840
criptine in inhibition of puerperal lactation:
Raven Press, 1983, 141-152 – Page 310
Publié dans : Hygie mai 2005
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