Laboratoires Lisapharm
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La Peau & Le Corps - SKIN&BODY
N°15-Vol 6,1999 - N°ISSN1256-6810

Le point sur le syndrome prémenstruel (SPM).
Actualité d'une association, progestatif, diurétique et anxiolytique (Précyclan®).

Dossier réalisé sous la coordination scientifique
du Docteur B. Huchet, gynécologue et la rédaction de la revue.

Des symptômes au diagnostic

Le syndrome prémenstruel constitue un ensemble de manifestations cliniques sur-venant en général dans les 7 à 10 jours précédant les règles. Ces manifestations s'atténuent ou disparaissent dès l'apparition des menstruations.
L'exacerbation de ces troubles perturbe l'activité personnelle, familiale et profes-sionnelle des patients.
Son authenticité, compte tenu des méthodes diagnostiques actuelles, ne fait plus de doute.
Le caractère cyclique des symptômes est fondamental.
À travers une symptomatologie souvent riche, on peut distinguer des groupes de symptômes assez caractéristiques. On retrouve ainsi :

  • des signes mammaires: douleurs et augmentation du volume des seins...
  • des signes abdomino-pelviens: gonflement, ballonnement, douleurs...
  • des signes de rétention hydrosodée: la face avec notamment un aspect bouffi des paupières, au niveau des doigts qui peuvent être boudinés et des chevilles volon-tiers enflées conservant la marque des chaussures le soir.
  • un syndrome neuropsychique: anxiété, dépression, irritabilité, humeur variable, augmentation de l'appétit, agressivité, léthargie ou fatigue, perte de mémoire, diminution de la concentration, trouble du sommeil, phobies, céphalées...

De nombreux autres signes peuvent exister susceptibles d'erreurs diagnostiques quand ils sont isolés ce qui est rarement le cas. Ils sont notamment d'ordre:

  • digestif : diarrhée, constipation, nausées, roubles du comportement alimentaire boulimie d'aliment sucré).
  • cutanéomuqueux: acné, séborrhée, urticaire, allergie...
  • urinaire: cystite, pollakiurie.
  • cardiaque: palpitations.

On peut noter un terrain familial une fois sur deux, ainsi que des antécédents fréquents de dysménorrhées. En revanche, il n'apparaît pas de différence en fonction du niveau socio-économique, du nombre de grossesses, de la durée du cycle ou du poids de la patiente.
Il est nécessaire d'évaluer prospectivement les critères diagnostiques.
Ainsi l'établissement de la courbe ménothermique et l'utilisation de calendriers des symptômes (fonctionnels et poids) sont essentiels. Le relevé quotidien sur 3 cycles des symptômes du SPM est établi par la patiente. Cela permet de calculer le score quotidien; et la variation cyclique est dès lors facile à évaluer.
La biologie a peu d'intérêt, tout au plus on peut effectuer :
- un bilan sanguin avec un ionogramme
- des dosages hormonaux (dosages hormonaux de base peu contributifs, dosages cinétiques et étude de pulsatilité difficiles à interpréter et coûteux);
- une capillaroscopie comparative des phases du cycle.
En fait, aucun examen complémentaire ou paramètre biochimique ne peut caractériser le SPM.
Belaisch J. et Tamborini A. ont préconisé l'auto-évaluation prospective grâce à l'éta-blissement par la patiente d'un calendrier-questionnaire qui permet de noter chaque jour du cycle, les symptômes (Tableau 1). Cela permet de confirmer le SPM vrai ou d'éliminer les faux SPM. Dans le premier cas, l'intensité et la diversité des symptômes se trouvent regroupés dans la deuxième partie du cycle (15è ou 25è jour en général). Dans le cas de faux SPM, les troubles psychiques et/ou physiques apparaissent le plus souvent dispersés tout le long du cycle menstruel.

 

OPTIMISATION DE L’INHIBITION
DE LA LACTATION PAR LE LISURIDE*

Enquête randomisée comparant l’administration de 2 cps/j. versus 3 cps/j. réalisée auprès de 40 accouchées
P. Vigé et coll. – Chef de Service Maternité – Centre Hospitalier St Cloud – 92210


OBJECTIF DE L’ENQUETE


Le lisuride est un inhibiteur de la prolactine par effet agoniste dopaminergique D2 préférentiel. Ergolide de 2ème génération par rapport à la bromocriptine, le lisuride est utilisé à des doses 8 à 12 fois moindres (0,2 mg/cp versus 2,5 mg/cp) (1,2). Dans l’indication inhibition de la lactation post-partum, suivant les habitudes des services « maternité », le lisuride est dministré dès les 12 à 24 heures qui suivent l’accouchement, soit à la posologie de 2 comprimés par jour, soit à 3 comprimés par jour, et cela pendant les 14 jours suivant la délivrance.

L’objectif de cette enquête est d’évaluer, dans les conditions de réelle pratique quotidienne, la qualité de l’inhibition de la montée de lait post-partum dès le 3ème jour et jusqu’au 14ème jour en fonction de la posologie utilisée. En parallèle, l’acceptabilité du traitement aux deux posologies
a été appréciée.

POPULATION ET METHODES


Dans le service Maternité de l’Hôpital de St Cloud, 40 accouchées, âgées de 17 à 41 ans, ont reçu, selon une échelle de randomisation, 2 ou 3 comprimés de lisuride les 12/24 h qui ont suivi l’accouchement. Dans ce groupe 7 femmes étaient primipares, les 33 autres avaient eu de 1 à 4 enfants précédemment.

La première prise médicamenteuse de 1/2 comprimé avait lieu lors du premier repas après la délivrance (J0) ; puis à J1, la posologie a été de 1/2 comprimé à chacun des 3 repas, matin, midi et soir ; à J2 la posologie utilisée était soit de 1 comprimé matin et soir, soit de 3 comprimés, 1 à chacun des 3 repas. La posologie à J2 était ensuite maintenue de J3 à J14.

Le critère principal consistait à évaluer l’inhibition de la montée de lait à J3 et à J14. En parallèle, l’acceptabilité au traitement était appréciée à J3 et en fin de traitement à J14. Toutes les patientes étaient examinées cliniquement et interrogées à J3 et à J14.

Les résultats très bons traduisent une inhibition complète de la montée laiteuse ; les bons résultats, une inhibition quasi complète avec une légère turgescence du sein, sans écoulement. Les résultats moyens traduisent une montée laiteuse réduite sans gonflements excessifs. Les mauvais résultats correspondent à la présence d’une montée de lait avérée ou à un phénomène de rebond.

L’acceptabilité était évaluée sur les symptômes décrits par les accouchées lors de l’interrogatoire ; ils étaient notés suivant une intensité de 0 à 3. Les principaux symptômes explorés étaient : vertiges, nausées, vomissements, baisse de la tension artérielle ; d’autres symptômes pouvaient être notés.

QUALITE DE L’INHIBITION DE LA MONTEE DE LAIT


Les résultats détaillés quant à l’inhibition de la montée de lait figurent dans le tableau I :

 Posologie à 2 comprimés / jour
N = 19
Très
bonne
bonne moyenne mauvaise
Inhibition
à J3
8
(42,1%)
7
(36,8%)
1
(5,3%)
3
(15,8%)
Inhibition
à J14
6
(31,6%)
7
(36,8%)
2
(10,55%)
4
(21,05%)
Posologie à 3 comprimés / jour
N = 21
Très
bonne
bonne moyenne mauvaise
18
(85,7%)
2
(9,52%)
0 1
(4,76%)
15
(71,4%)
2
(9,52%)
2
(9,52%)
2
(9,52%)

Globalement à la posologie de 2 comprimés par jour, on Ces résultats font apparaître 8 sur 10 de bons et très bons
note 15 très bons et bons résultats sur 19. A cette posolo-résultats contre 21 % d’échecs pour la posologie à 2 comgie, trois mauvais résultats sur 19 sont à dénombrer à J3 et primés par jour. A 3 comprimés par jour, le pourcentage de
quatre à J14. A la posologie de 3 comprimés par jour, on résultats satisfaisants atteint 90,4 % contre 9,5 % d’échecs
dénombre seulement 1 échec sur 21 cas sur l’inhibition de à J14.
la lactation à J3 et 2 cas à J14. Ces résultats permettent de confirmer la remarquable

efficacité de lisuride sur l’inhibition de la lactation.

* AROLAC® - Laboratoires Lisapharm 92100 Boulogne - FRANCE

EVALUATION DE L’ACCEPTABILITE

Les résultats de l’acceptabilité figurent dans le tableau II :

Posologie à 2 comprimés / jour
N = 19
Posologie à 3 comprimés / jour
N = 21
Très
bonne
bonne moyenne mauvaise Très
bonne
bonne moyenne mauvaise
Acceptabilité
à J3
10
(52,6%)
8
(42,1%)
0 1
(5,3%)
16
(76,2%)
2
(9,52%)
1
(4,76%)
2
(9,52%)
Acceptabilité
à J14
12
(63,95%)
5
(26,3%)
1
(5,3%)
1
(5,3%)
11
(52,4%)
5
(23,8%)
3
(14,3%)
2
(9,52%)

L’interrogatoire et l’examen clinique ont mis en évidence
dans le groupe à 2 comprimés par jour une bonne et très
bonne tolérance chez 18/19 à J3 et de 17/19 à J14. Dans
la série à 3 comprimés par jour, l’acceptabilité a été dans
18 cas sur 21 considérée comme bonne et très bonne,
assez bonne dans 1 cas et mauvaise dans 2 cas sur 21, aussi
bien à J3 qu’à J14.

Sur les quarante accouchées examinées et interrogées, une
seule a présenté une baisse tensionnelle (90/60) avec
sensation de fatigue.
Deux cas de vertiges de faible intensité (cotés 1) ont été
notés dans le groupe à 2 comprimés par jour. Dans la série
à 3 comprimés par jour, 2 vertiges d’intensité 1 et 1 vertige

d’intensité 2 ont été notés à J3 et 2 autres dans la période
suivante ; mais ces derniers ont régressé en fractionnant le
comprimé du matin.
Trois cas de nausées notés 1 ont été dénombrés. Un seul
cas de vomissements de niveau 3 a été noté.

Globalement, dans le groupe à 3 comprimés par jour,
l’acceptabilité a été jugée bonne et très bonne à J3 dans
18 cas sur 21, soit 85,7% ; assez bonne dans 4,76% des
cas. Pour la période J3 à J14, bonne et très bonne dans
76,2% des cas, assez bonne dans 14,3%.

Au total, 90,5% des accouchées ont pu poursuivre leur traitement sur toute la durée du traitement avec satisfaction.

2 comprimés par jour 3 comprimés par jour
Inhibition de la lactation
à J14 15/19 (79,2%) 19/21 (90,52%)
Acceptabilité à J14 18/19 (94,7%) 19/21 (90,52 %)
Tableau III : % Résultats globaux satisfaisants à J14 en pourcentage

DISCUSSION

Cette enquête randomisée, réalisée dans les conditions de
réelle pratique auprès de 40 accouchées, a permis de
mieux appréhender l’utilisation du lisuride dans l’indication
« inhibition de la lactation ».

Aussi, à la posologie quotidienne de 2 comprimés, l’inhibition
de la montée de lait est observée chez près de 8 femmes sur

10. A 3 comprimés par jour, l’efficacité du lisuride est encore
améliorée, dépassant 90% de résultats satisfaisants à 2
semaines de traitement. Il convient de noter qu’à cette posologie, l’acceptabilité au traitement apparaît satisfaisante chez
plus de 9 femmes sur 10 ce qui correspond, dans notre expé
rience et d’après l’analyse de la littérature (3,4), à un profil de
tolérance amélioré par rapport à la bromocriptine. Cette
meilleure tolérance pourrait s’expliquer par les paramètres
pharmacocinétiques des deux molécules (5). Le lisuride a une
1/2 vie d’élimination terminale ß 1/2 de l’ordre de 3 à 4 heures
contre 15 heures pour la bromocriptine. Il y a donc moins de
risques d’accumulation du lisuride. De plus, les effets du lisuride
sont obtenus avec des doses 10 fois moindres en molécule
active (0,4 à 0,6 mg/j versus 5 à 7,5 mg/j).

Dans ce contexte, il apparaît que le lisuride, par son efficacité et son profil de tolérance améliorée, représente une
alternative thérapeutique particulièrement intéressante par
rapport à la bromocriptine.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Publié dans : Hygie mai 2005

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