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Actualité des
anémies par carence en fer
Intérêt
de l'association succinate ferreux-
acide succinique (Inofer®)*
dans la prise en charge de la carence
martiale et de l'anémie
ferriprive
1èrepartie |
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Gérard
Bertrand - Anesthésiste-Réanimateur
- Paris
Jean Bouquet de Jolinière -
Chirurgien des Hôpitaux de Paris,
Gynécologue, Professeur au Collège
de Médecine - Paris |
La carence en fer
et sa conséquence, l'anémie
ferriprive, sont une question de santé publique
majeure à travers le monde aussi
bien dans les pays industrialisés
que ceux en voie de développement.
Ainsi, aux Etats-Unis, 5% des femmes
de 20 à 49 ans présentent
une anémie ferriprive, et 11%
ont une carence martiale sans anémie
(1). En France selon la récente étude
SUVIMAX (2) portant sur plus de 13000
volontaires suivis pendant sept années,
près de 23% des femmes entre
35 et 50 ans, non ménopausées,
présentent une déficience
en fer définie par une ferritine
sérique inférieure à 12 µg/litre.
Ces chiffres sont confirmés
par l'étude FerriCES (3) qui
met en évidence qu' environ
27% des femmes fréquentant les
centres d'évaluation sanitaire
présentent une carence en fer
définie par une ferritinémie
inférieure à 20 µg/litre. Le
risque de carence est plus élevé chez
les femmes les plus jeunes et chez
celles qui sont nées hors de
France. Il est multiplié par
4,5 chez les femmes qui ont récemment
donné leur sang ; comparativement
aux femmes sous pilule contraceptive,
ce risque est multiplié par
2,4 chez les femmes qui portent un
stérilet.
Les chiffres sont
beaucoup plus inquiétants dans
les pays en voie de développement,
comme le montre le tableau suivant
publié par l'OMS :
Tableau
I : Prévalence de l'anémie
ferriprive en fonction des régions
OMS dans différentes populations
en 1997 (4)
| Régions OMS |
Enfants |
Femmes
(15-59 ans) Enceintes |
Hommes |
Ensemble |
0-4 ans |
5-14 ans |
| Taux (%) |
n (million) |
Taux (%) |
n (million) |
Taux (%) |
n (million) |
Taux (%) |
n (million) |
Taux (%) |
n (million) |
Afrique |
33,1 |
35,5 |
52 |
85,2 |
46,9 |
9,6 |
37,9 |
57,6 |
28 |
41,9 |
Amérique latine |
22,9 |
13 |
36,9 |
39,5 |
39 |
3,8 |
31 |
44,9 |
11 |
15,8 |
|
Asie du sud-est |
52,7 |
93,8 |
63,9 |
207,8 |
79,6 |
22,2 |
60 |
218,6 |
42,4 |
184,8 |
|
Méditerranée
Orientale |
38,3 |
28,1 |
30,8 |
37,9 |
63,9 |
8,8 |
51,1 |
60,6 |
32,7 |
41,5 |
|
Pacifique |
14,7 |
19,7 |
56,9 |
156 |
38,5 |
9,4 |
33,8 |
152,9 |
36 |
172,5 |
| Total |
34 |
190 |
53 |
526 |
56 |
54 |
43 |
535 |
34 |
456,5 |
Des
conséquences cliniques potentiellement
graves
La clinique de la
carence martiale est souvent pauvre
et les signes peuvent même être
absents. En effet, l'installation insidieuse
de l'anémie peut conduire à une
adaptation plus ou moins consciente,
marquée par une économie
de l'activité physique. Quand
la carence se prolonge, les signes
apparaissent, et il faut alors distinguer
les signes de l'anémie en général
(pâleur conjonctivale, asthénie
marquée, dyspnée d'effort,
palpitations cardiaques au repos,...)
de ceux de l'anémie ferriprive
en particulier (notamment altération
des phanères et des muqueuses
digestives).
En revanche, chez
l'enfant, l'anémie ferriprive
est une cause majeure de morbi-mortalité à travers
le monde. De nombreuses études
ont montré qu'une anémie
même biologiquement modérée
peut être associée à un
retard psychomoteur infantile, parfois
irréversible (5).
De
la carence en fer à l'anémie
ferriprive
il est essentiel
de rappeler la chronologie des évènements
conduisant de la carence en fer à l'anémie.
Le fer est nécessaire à la
synthèse mitochondriale de l'hème
au niveau de l'érythroblaste,
synthèse pour laquelle l'organisme
puise dans ses réserves ;
la diminution des réserves qui
n'est pas compensée par l'alimentation
peut donc conduire à une anémie
mais au terme d'une évolution
qui se fait en trois phases :
-
au cours de
la première phase, les stocks
en fer (foie, rate, moelle) sont
diminués. Cette phase est
marquée par une diminution
de la ferritine ;
-
dans une deuxième
phase, le transfert du fer aux hématies
est diminué. Cette phase est
marquée par une diminution
de la saturation de la transferrine
et une augmentation de la capacité totale
de fixation du fer ;
-
L'évolution
se fait ensuite cliniquement vers
l'anémie microcytaire, phase
ultime de l'évolution, après
plusieurs mois de déséquilibre.
Il faut donc bien faire attention à ne
pas confondre carence en fer et anémie
ferriprive, et à ne pas oublier
que devant une carence en fer, l'absence
d'anémie ne doit pour autant
pas dispenser de la recherche étiologique
(et par conséquent pronostique).
Diagnostic
biologique de la carence martiale
Le problème
diagnostique se pose devant un syndrome
anémique ou une hypochromie,
qu'ils soient rencontrés fortuitement
ou recherchés chez des sujets à risque.
Le dosage de la ferritine sérique
est alors le seul test nécessaire
pour établir le diagnostic de
carence en fer. Il s'agit en effet
du test biologique courant permettant
d'évoquer le plus précocement
un appauvrissement des réserves
tissulaires ; sa spécificité est
absolue car une hypoferritinémie
est le signe exclusif d'une carence
martiale. Sa sensibilité en
revanche peut poser problème. Les
situations sont en effet assez nombreuses.
Une concentration de ferritine sérique
peut être normale voire élevée
quand la carence en fer n'est pas encore
compliquée d'anémie :
-
Comparativement
aux sujets adultes, le taux de ferritine
n'est pas un aussi bon marqueur chez
les nourrissons et les enfants, chez
qui la mobilisation des réserves
intervient trop lentement pour faire
face aux besoins médullaires.
Le coefficient de saturation en fer
de la transferrine (et non pas du
sérum) assure alors un diagnostic
assez précoce, avant l'installation
de l'anémie. On admet qu'un
coefficient de saturation (qui est
le rapport fer sérique/capacité totale
de fixation de la transferrine) inférieur à 0,16
suggère une carence ;
-
Plusieurs pathologies
interfèrent avec le taux de
ferritine. Il s'agit des inflammations
et des infections au premier chef,
pour des raisons de fréquence ;
les cancers aussi, oð plusieurs facteurs
peuvent être associés
(invasion tumorale, libération
accrue de ferritine, cytotoxicité des
médicaments, épisodes
infectieux ou inflammatoires itératifs,
saignements, transfusionsé) ;
et les hépatopathies enfin,
oð la ferritine peut être libérée
dans le plasma par cytolyse.
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